Comment mieux vivre novembre ? Mon défi pour voir ce mois autrement

Publié le 4 novembre 2026 à 16:12
Comment mieux vivre novembre ? Mon défi pour voir ce mois autrement

J'adore l'automne, Novembre, en revanche, mérite une petite explication.

 

Novembre, surprends-moi ! Episode 1 : Hécate, derrière le voile de novembre

 

Il y a des histoires d'amour qui commencent avec un regard, un sourire, un battement de cœur. La mienne avec l'automne commence généralement avec une paire de bottines, une écharpe et l'odeur des feuilles mouillées. J'adore cette saison.

 

Les arbres qui se parent de rouille, d'or et de cuivre. Les premières fraîcheurs qui donnent une excellente excuse pour ressortir les pulls douillets. Les promenades où les feuilles craquent sous les pieds. Les soirées qui sentent bon le thé, les livres et les plaids. Je pourrais presque écrire une déclaration d'amour à octobre.

 

Et puis arrive novembre. Et là, notre belle histoire prend un sérieux coup dans l'aile. Les arbres se retrouvent à poil, le ciel semble avoir définitivement adopté la couleur d'une serpillière fatiguée et la nuit débarque alors que je n'ai même pas terminé mon goûter. (Oui, je prends un goûter comme les enfants et suis malheureuse les jours où je n'en prends pas.)

 

Quant au froid humide franc-comtois, il possède cette capacité fascinante à traverser trois couches de vêtements pour venir directement te chatouiller les os. Charmant non ? Mais ce n'est pas seulement une histoire de météo. Novembre a toujours eu, pour moi, quelque chose de lourd.

 

On commence avec les souvenirs de ceux qui ne sont plus là, cette période de Samhain où l'on honore nos ancêtres et où la frontière entre les souvenirs et les absences semble parfois plus fine. Puis arrive le 11 novembre, avec la mémoire d'une guerre et de toutes ces vies bouleversées. Et au milieu de tout cela, il y a le quotidien. Les factures, les dépenses, les journées qui raccourcissent, l'énergie qui se fait plus discrète. 

 

Je ne sais pas comment cela se passe pour toi, mais chez moi, novembre a tendance à réveiller une forme de tristesse. Pas nécessairement une immense tristesse spectaculaire. Plutôt cette petite mélancolie qui s'installe sans demander la permission. Celle qui te donne moins envie de sortir, moins envie de créer, moins envie de faire des choses.

 

Et chaque année, je me surprends à attendre décembre. Comme si novembre était une salle d'attente d’hôpital un peu froide entre les jolies couleurs d'octobre et les lumières de Noël.

 

Sauf que cette année, une petite question est venue me chatouiller les neurones : Et si je connaissais moins bien novembre que je ne le crois ? Après tout, je lui reproche d'être triste, gris, froid et interminable. Mais est-ce que je prends réellement le temps de le regarder autrement ? Ou est-ce que je passe trente jours à lui faire la tête, avant de pousser un soupir de soulagement en accrochant les premières décorations de Noël ?

 

Bon, je reconnais que les arguments de novembre ne sont pas toujours très convaincants. Mais je me suis dit qu'il méritait peut-être un procès un peu plus équitable.

 

Novembre, surprends-moi !

 

Voilà donc mon défi personnel pour ce mois-ci.

 

Je n'ai pas décidé d'aimer novembre. J'ai décidé d'arrêter de croire qu'il n'avait rien à m'offrir. Nuance importante, parce que je ne vais pas me forcer à m'extasier devant une averse glaciale, ni me répéter devant mon miroir que chaque journée grise est un cadeau de l'Univers. Je vais éviter de prendre l'Univers pour un commercial en développement personnel.

 

J'ai simplement envie d'essayer autre chose. Partir à la découverte de ce mois que je crois connaître. Observer ses paysages, explorer ses traditions, écouter ce qu'il provoque en moi, chercher de nouvelles sensations, de nouvelles histoires, de nouvelles façons de l'habiter.

 

Dehors, avec mes bottines et parfois Alto qui n'a pas forcément signé pour une expédition philosophique sous la pluie mais qui lui s’en tape le coquillard de la pluie. 

 

Dedans, avec mon carnet, mes émotions, mes contradictions et une tasse de thé.

 

Pendant quatre semaines, je vais me laisser inspirer par ces trois déesses que j'affectionne particulièrement : Hécate, Freyja et Brigid. Pas pour leur demander de transformer novembre en mois de juillet. Mais pour explorer trois chemins : regarder ce qui me dérange, retrouver le plaisir de ressentir et réveiller ma curiosité. Et la quatrième semaine ? Je continuerai sans déesse, avec ce que j'aurai découvert sur moi.

 

Tu peux évidemment venir avec moi dans cette aventure. Mais attention : ici, pas de médaille de la meilleure exploratrice, pas de tableau de performances, pas de retard à rattraper. Tu peux essayer une expérience, les trois, ou simplement lire mes aventures avec ton thé à la main.

 

Première rencontre : Hécate, derrière le voile de novembre

 

Pour commencer, j'ai choisi Hécate.

 

Cette déesse associée aux passages, aux carrefours et aux torches qui éclairent les chemins obscurs m'inspire une question toute simple : Et si, au lieu de détourner les yeux de ce qui me déplaît, j'essayais de regarder autrement ?

 

Parce que finalement, lorsque je dis que novembre est moche, je porte déjà un jugement sur ce que je vais voir. Je regarde les arbres nus et je regrette leurs feuilles. Je regarde le brouillard et je regrette le soleil. Je regarde l'heure et je regrette les longues soirées d'été. Je passe tellement de temps à regarder ce qui manque que j'oublie peut-être de regarder ce qui est là.

 

Alors cette semaine, j'ai décidé de tenter trois petites expériences.

 

La première : Partir à la chasse aux beautés improbables.

 

Une promenade dans un paysage que je trouve habituellement triste, avec pour seule mission de photographier trois détails qui attirent mon regard.

 

Une écorce couverte de mousse, une goutte d'eau suspendue à une branche, la silhouette d'un arbre dans le brouillard. Je ne sais pas ce que je trouverai.

 

Et il est parfaitement possible que je revienne avec les pieds trempés et une opinion toujours aussi peu charitable sur novembre. Au moins, j'aurai essayé.

 

La deuxième : M'offrir une soirée où je n'ai absolument rien à prouver.

 

Pas de projet à avancer. Pas de petite tâche à terminer discrètement entre deux gorgées de thé. Juste ralentir et observer ce qui se passe.

 

Est-ce que je vais apprécier ? Est-ce que je vais culpabiliser ? Est-ce que mon cerveau va soudain me rappeler qu'il y a une étagère à ranger depuis six mois ? Mystère, on verra bien. 

 

La troisième : Ecrire une lettre à novembre.

 

Et je peux te dire qu'il risque d'en prendre pour son grade. Je vais lui raconter tout ce qui m'agace chez lui, ce que je lui reproche, ce qu'il réveille en moi. Sans chercher à faire joli. Sans transformer chaque émotion désagréable en grande leçon spirituelle. 

 

Juste poser les mots et peut-être lui demander, à la fin : Dis donc, novembre, est-ce que tu aurais autre chose à me raconter que ce que je crois déjà savoir de toi ? 

 

Et si novembre n'avait rien à prouver, lui non plus ?

 

Je crois que c'est finalement ce qui m'amuse le plus dans cette histoire. Je pars avec l'intention de découvrir novembre autrement, mais je ne sais absolument pas ce que je vais trouver.

 

Peut-être que je terminerai le mois en lui découvrant un charme inattendu. Peut-être que je continuerai à le détester cordialement.

 

Et peut-être qu'entre les deux, j'aurai simplement appris quelque chose sur ma manière de regarder les choses qui ne me plaisent pas. Ce serait déjà une jolie découverte.

 

Alors voilà, nous sommes le 4 novembre, mon défi commence avec quelques jours de retard sur le calendrier. Ce qui ne me dérange absolument pas.

 

Je ne suis pas en retard sur ma vie, et je refuse que novembre devienne une nouvelle occasion de me mettre la pression. Je n'ai pas besoin d'un mois parfait, j'ai juste envie d'un mois que je ne traverse pas les yeux fermés. 

 

Et toi ? Tu fais partie de celles qui adorent novembre, de celles qui le supportent poliment ou de celles qui attendent décembre avec l'impatience d'une enfant devant une vitrine de jouets ? Raconte-moi. Je suis curieuse de découvrir ton novembre à toi.

 

PS. : Si cette aventure réveille chez toi l'envie de déposer un peu de fatigue, de culpabilité ou de pensées encombrantes sur le papier, mon carnet de la rebelle fatiguée t'attend dans la petite boutique d'Aélavie. Il n'a pas la prétention de faire revenir le soleil, mais il peut t'offrir un espace pour te retrouver.

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