Défi de la semaine 2 du défi de mars oser me choisir sans m'excuser : Faire une chose juste pour moi.
Ça devrait être simple, non ? De lire 30 mn, de prendre un bain ou d'écouter de la musique ? Une chose juste pour moi sans que ça ne serve à personne.
La vérité c'est que c'est l'un des trucs les plus difficiles que j'aie jamais faits.
Plus difficile que dire non (et pourtant là aussi il y a du level). Plus difficile que de poser une limite (quoique avec mes garçons ou mon conjoint je bataille encore)
Pourquoi ?
Parce que mon archétype de la Lune Noire à décider de me challenger pour voir où je continue de me trahir.
(Et si tu te reconnais dans ce que je vais décrire, c'est peut-être que toi aussi.)
En plus, mes guides me le répètent depuis des semaines : affirme-toi, dans ce que tu fais, dans celle que tu es. Ose te choisir ! Donc c'est l'occasion pour moi de te parler de cela, on y va ?
LA RÉPONSE COURTE
Parce que j'ai appris que je n'existais que par mon utilité pour les autres.
Si je ne sers à rien, je ne vaux rien. Si je prends du temps pour moi, je vole du temps aux autres. Si je me choisis, je trahis.
C'est ancré au plus profond de moi. Ce n'est pas juste une croyance, c'est mon mode de survie.
LA RÉPONSE LONGUE (celle qui fait mal mais qui libère)
Voici les 8 mécanismes qui font que la Lune Noire ne sait pas se choisir. (Prépare les mouchoirs.)
1. J'ai appris qu'on m'aimait pour ce que je faisais, pas pour qui j'étais.
Petite fille, j'ai compris :
> On m'aime quand je suis gentille.
> On m'aime quand je rends service.
> On m'aime quand je ne dérange pas.
> On m'aime quand je prends soin des autres.
Et à l'inverse :
> Quand je demande quelque chose pour moi, on soupire.
> Quand je dis non, on me fait culpabiliser.
> Quand je prends du temps pour moi, on me dit "Ah bon, tu as le temps ?"
Résultat ? Mon amour a toujours été conditionnel. On m'aimait pour ma fonction pas pour mon être.
Alors j'ai intégré : Je ne vaux que si je suis utile aux autres. ( Essayer de désapprendre ça après 40 ans. Bon courage, les conditionnements ont la peau dur. Mais on finit par y arriver 😁)
2. Mon identité s'est construite autour du service
Je ne sais pas qui je suis en dehors de ce que je fais pour les autres.
Si tu me demandes : Qui es-tu ?
Je vais répondre :
- Je suis maman
- Je suis infirmière
- Je suis celle qui gère
- Je suis celle sur qui on peut compter
Je me définis par mon rôle et non par mon essence. Alors si je ne fais rien pour les autres pendant 30 minutes, et beh, je ne sais plus qui je suis. C'est terrifiant quand on y pense.
Parce que faire une chose juste pour moi, c'est me retrouver face à moi-même. Et je ne sais pas qui est cette moi-même. Je l'ai oubliée ou pire, je ne l'ai jamais connue.
3. Prendre du temps pour moi = voler du temps aux autres (dans ma tête)
Je vois le temps comme une ressource limitée et dans ma logique, si je prends 30 minutes pour moi, ce sont 30 minutes que je ne donne pas aux autres.
Donc :
- Si je lis, je "devrais" ranger la maison
- Si je prends un bain, je "devrais" préparer le dîner
- Si je me repose, je "devrais" répondre aux messages
Le temps pour moi est du temps volé et non mérité. Je me sens coupable, comme si je devais mon temps aux autres. Comme si mon temps ne m'appartenait pas. (C'est hallucinant non ? Il m'appartient mais essaye d'en convaincre mon cerveau.)
4. J'ai peur de décevoir si je ne suis pas toujours disponible
J'ai cette peur que si je ne suis pas toujours là, on va m'abandonner. Parce qu'au fond, je pense qu'on ne m'aime pas pour qui je suis, mais pour ce que je fais.
Alors si j'arrête de faire automatiquement on va arrêter de m'aimer. Prendre du temps pour moi = risquer l'abandon. Donc je ne prends jamais de temps pour moi, pour être sûre qu'on ne m'abandonne pas.
C'est un mécanisme de survie, pas un choix et oui, c'est épuisant, merci de demander.
5. Je ne sais même pas ce que j'aime
J'ai passé tellement de temps à m'oublier que je ne sais même plus : Qu'est-ce qui me fait plaisir ?
Si tu me demandes : "Qu'est-ce que tu aimes faire ? Je vais réfléchir, hésiter, dire que je ne sais pas trop. Tout cela parce que j'ai passé des années à demander aux autres, ce qu'ils voulaient, ce dont ils avaient besoin ou ce qui leurs feraient plaisir.
Mais jamais ce que moi je veux, alors quand on me dit de faire une chose juste pour moi, je panique parce que je ne sais pas. (Et c'est là que je réalise à quel point je me suis oubliée, joyeux, non ?)
6. J'ai honte de mes propres besoins
Je trouve que mes propres besoins sont égoïstes, insignifiants, peu importants voire dérisoires. Pour moi, les autres ont de vrais problèmes, moi ces n'est pas grand chose qui je suis pour me plaindre. Alors je fais ce que je sais le mieux, je minimise. Résultat, même quand je suis épuisée, je me dis que non mais ça va, ce n'est pas si grave, je vais tenir
Même quand j'ai besoin de repos, je me dis que je peux encore donner. Je ne m'autorise pas parce que j'ai honte de mes propres besoins. (Et pendant ce temps, je m'occupe de ceux des autres sans sourciller. Logique.)
7. J'ai peur de devenir égoïste
Dans ma tête, il y a deux catégories, les femmes gentilles (qui s'oublient) ou les femmes égoïstes (qui se choisissent)
Et je ne veux pas devenir égoïste car pour moi c'est être une mauvaise personne. Alors je préfère m'oublier quitte à me rendre malade plutôt que de risquer de devenir égoïste.
Pourtant je devrais savoir avec le temps qu'il y a un entre deux entre s'oublier complètement et être égoïste. Il y a se respecter mais j'ai du mal à le voir car on ne me l'a jamais appris. (On m'a juste appris à m'effacer, merci la société.)
8. Mon corps a oublié comment recevoir
Je donne tout le temps mais je reçois peu, résultat mon corps à du mal de recevoir. Si tu m'offres quelque chose, je dis :
- "Oh non, c'est trop !"
- "Il ne fallait pas !"
- "Je vais te rembourser !"
Si tu me proposes de l'aide, je dis :
- "Non, ça va, je gère !"
- "T'inquiète pas pour moi !"
- "J'y arriverai toute seule !"
Je refuse parce que recevoir c'est être redevable, donc perdre le contrôle. Dans ce cas je préfère ne rien recevoir même quand je suis à bout. (Parce que bon, autant souffrir seule, hein.)
EN RÉSUMÉ : POURQUOI C'EST SI DUR
Faire une chose juste pour moi, c'est :
1. Aller contre des années de conditionnement
2. Me retrouver face à moi-même (et je ne sais pas qui je suis)
3. Avoir l'impression de voler du temps
4. Risquer l'abandon
5. Ne pas savoir quoi faire (j'ai oublié ce que j'aimais)
6. Avoir honte de mes besoins
7. Avoir peur de devenir égoïste
8. Ne pas savoir recevoir
C'est pas juste difficile, c'est une révolution intérieure, c'est défaire 30, 40, 50 ans de conditionnement.
C'est aussi me dire que je compte aussi et que ce n'est pas égoïste. Et ça, pour la Lune Noire, c'est énorme.
CE QUI SE PASSE QUAND TU DEMANDES À UNE LUNE NOIRE DE SE CHOISIR
Elle va :
1. Hésiter ("Mais... je devrais plutôt...")
2. Minimiser ("C'est bête, c'est pas grand-chose")
3. Justifier ("J'ai le temps parce que...")
4. Culpabiliser ("J'aurais dû faire ça à la place")
5. Se rattraper après (en faisant 3x plus pour les autres)
C'est le processus normal mais à force de le faire, elle finira par se rendre compte que :
- Le monde ne s'effondre pas
- Les autres ne l'abandonnent pas
- Elle peut exister aussi
- Elle a le droit de compter
Et lentement, très lentement, elle va se remettre au centre. Pas pour remplacer les autres, mais pour exister avec eux.
Tu te reconnais dans la Lune Noire ?
Dis-moi en commentaire lequel de ces 8 mécanismes te parle le plus.
P.S. : Si tout ce que je viens de décrire te parle, c'est peut-être que tu as une forte Lune Noire. Si tu veux la rencontrer (et comprendre comment arrêter de te trahir), j'ai créé une mini capsule avec :
- Une méditation guidée pour rencontrer ta Lune Noire
- Un audio de journaling pour checker où tu en es émotionnellement
- Des clés pour te remettre au centre
(Et si ce n'est pas ta Lune Noire, il y a peut-être un autre archétype qui t'attend. Il y en a 5 en tout.)
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